Vendredi, tous les ingrédients de la belle rando sont réunis : c’est une boucle, on traversera forêt, lande, alpages, terrain rocailleux, on atteindra un sommet à 2800 m, avec une belle table d’orientation, on verra la mer, le cordon littoral et ses villages, on y écoutera une histoire celle de la Saint Jean sur le sommet Canigou, on redescendra par « la cheminée ».
Plutôt vertigineuse la cheminée où il faut être prudent pour ne pas déraper, et faire descendre des cailloux sur la tête de ceux qui nous précèdent, on verra des isards, le déjeuner sera pris à l’abri du vent, au soleil, à 2600m environ.
Nous aurons avec nous un accompagnateur hors pairs en la personne de l’ami Pierre qui connaît parfaitement bien le secteur et la randonnée en général et qui a décidé de nous accompagner aujourd’hui. Un grand merci à lui pour cette superbe journée qu’il nous a consacrée.
On peut atteindre le sommet du Canigou par deux voies principalement : l’une très longue qui demanderait de passer une nuit en refuge pour être à pied d’œuvre au petit matin, l’autre plus courte qui consiste à se rendre par une piste d’une vingtaine de km au refuge des Cortalets et qui permet en partant de très bonne heure le matin, de faire l’ascension assez tôt aussi avant la ruée, et surtout la grosse chaleur. C’est cette deuxième solution qui a été choisie.
Nous sommes partis tôt ce matin, à 5 h 30 pour retrouver Pierre à 6 h à Villefranche de Conflent. Nous avons rejoint Clara (un petit hameau !) puis la piste sur 20 km pour rejoindre le Pla des Cortalets, puis le refuge du même nom.
Il était 8 h au Pla. Pierre notre accompagnateur marche, grimpe, évolue sur les pentes et les cailloux du sentier comme un cabri… Il est obligé de s’arrêter souvent pour nous attendre, le rythme est soutenu même si chacun tente d’aller au sien…
Le sentier est peu fréquenté à cette heure mais, nous dit Pierre : « on
ne va pas tarder à voir du monde à notre suite ! ». Entre autres il nous parle de coureurs qui s’entraînement pour le tour du Canigou, organisé chaque année le 7 août, où l’on peut voir des
énergumènes accomplir un exploit sportif incroyable c’est à dire réaliser cette course en moins de 3 heures (2 h 55 pour le record) !
Un coureur rencontré au bas de la cheminée allant en sens inverse du
nôtre nous a retrouvés en descendant la crête du Barbet alors qu’il venait de parcourir les trois quarts du tour du Canigou pendant que nous en accomplissions le quart : un échange rapide sur la
météo avec lui et Pierre demande si c’est bien lui que nous avons vu tout à l’heure : « oui, oui, qu’il répond, je reconnais les deux gourdes !!! »
Il se tourne vers nous, Georges et moi qui sommes côte à côte ! Et voyant notre surprise
d’être traités de « gourdes », il s’excuse en disant : « Oui, le monsieur, là, en désignant Georges, porte deux gourdes d’eau, une sur chaque bretelle de sac ! On voit rarement ça !
» Ouf, nous voilà rassurés et pris de fou-rire qui revient systématiquement encore lorsque nous évoquons
« les deux gourdes de Georges » ! La balade du Canigou, se terminera au refuge, devant une bière locale des plus savoureuses.
Nous avons fait aujourd’hui, la plus belle randonnée de la semaine. Elle nous laisse un goût de « reviens-y » et terminer notre séjour sur cet immense plaisir nous fait vraiment du bien. Demain, nous nous arrêterons à Villefranche de Conflent, pour visiter la ville, aller au resto avant de rentrer chez nous la tête pleine d’images du Canigou.
Plaque fixée au sommet du Canigou
