Qui a fait un séjour à la  Réunion, ne  peut ignorer que c’est le lieu de prédilection pour s’adonner à cet exercice de découverte qu’est la Randonnée à pied ! La variété des paysages à découvrir est sans fin. Ce « caillou » comme certains se plaisent à l’appeler recèle bien des  trésors de balades. Il suffit de consulter la documentation très importante et les sites Internet notamment de l’ONF de la Réunion et du Conseil Général pour s’en convaincre. Cliquez ici  et ensuite. 

 

 

 

En voyage  pour  11 jours  sur l’île, du 18 au 28 décembre, nous avons décidé de  faire une randonnée guidée au Volcan de la Fournaise. Randonnée de difficulté moyenne (500m de dénivelée cumulée), dans ce qu’on appelle « l’Enclos Fouqué »,


un espace de laves solidifiées, qui s’étend  sur  quelques  km2, inhabité culminant à 2200m et descendant  lentement vers l’est pour se terminer sur la  zone du Grand Brûlé  où il se jette dans l’océan indien. Au sud, à l’ouest et au nord, il est bordé par de  grandes falaises  de 50 à 200m de hauteur : « les remparts ».

Le fond de l’Enclos est tapissé de laves lisses et plissées ainsi que de laves « gratons » sur  lesquelles le randonneur circule en suivant  des traces de  peinture  blanche, destinées à l’empêcher de se  perdre dans le brouillard qui est  très fréquent autour du volcan. Carte ici

 

Il faut dire  que  le cratère Dolomieu est  en ce moment  même, en pleine  activité et que son accès est strictement  interdit. Au passage, notre guide Patrick, nous signale que certaines personnes, bravent  l’interdiction préfectorale de grimper au bord de ce cratère (2630m), ne respectant pas les consignes de sécurité.

C’est pourtant  clair : au pied du cratère en activité, des barrières de sécurité ont été disposées, des affichages officiels y sont  placardés. Mieux que ça, tu ne peux pas… Bref !

Notre guide,  Patrick LEU, est passé nous prendre à l’hôtel des Géraniums, à la Plaine des  Cafres à 6 h 20. Nous chargeons nos sacs dans sa voiture et direction le  gîte du Volcan au pied du Pas de  Bellecombe. Belle bâtisse sympathique  et accueillante qui offre un service de restauration bien agréable.


La route qui conduit au gîte est très belle nous traversons la forêt de cryptomerias (Conifère du Japon), puis elle descend vers une plaine minérale et désertique, dite « La plaine des sables » décor lunaire avec très peu de végétation. Poussière, nids de  poule, ornières…. Patrick nous parle des précipitations à venir puisque  nous sommes  au début de la saison des  pluies, qui vont certainement encore raviner la piste déjà bien abîmée et cahoteuse. 

Ca secue, ça secue !! Comme dirait  l’autre !

 

Au parking du gîte, il y a déjà du monde : il faut savoir qu’à la Réunion, le randonneur est un lève tôt (obligatoire). En effet d’une façon générale, le ciel est vraiment très dégagé des les premières lueurs du jour vers  5 h 30, puis dans le courant de la matinée se forment de nombreux  nuages qui vont envahir les Hauts, et boucher le paysage peu à peu, et très souvent, en fin de journée seule la bande côtière est sous  le ciel bleu ou presque !

Sac à dos en place, chaussures resserrées, nous voilà attaquant la petite montée vers le col de Bellecombe. Il faut au passage bien regarder où on pose les pieds car ce sentier est caillouteux et on a vite fait de trébucher, ce qui ne manquera  pas d’arriver à Brigitte qui s’étalera largement sur le sentier ! Petite plaie au genou, douloureux mais sans  gravité, même si elle s’en plaindra pendant une bonne partie du séjour.


Arrivés au col (le Pas de  Bellecombe), une large vue sur l’enclos nous surprend : à 110 m au dessous de nous s’étale un paysage de laves avec quelques petits  cratères dont le plus proche le Formica Léo.

 

 

Il faut emprunter le sentier  sinueux qui descend dans  l’enclos 110 m au dessous, et nous  pensons  aussi au retour,  où la  «grimpette» sera assez rude !



Pendant trois  bonnes  heures,  nous allons évoluer  dans  l’enclos à la rencontre  les laves dites  Pahoehoe de formes plutôt douces et arrondies




et d’autres  de forme  plutôt acérées, granuleuses, dites  Aa, parce que  les  hawaïens  lorsqu’ils ont mal crient « Aa » et non « Aïe » comme nous.



Le Piton de la Fournaise est  un volcan de type  hawaïen !

 

Aa: n.m.Coulée basaltique à surface irrégulière, lave rugueuse comprenant des blocs, d'où une topographie irrégulière en bosses et en creux.
Pahoehoe: n.m. Lave fluide à surface lisse, basaltique, d'aspect cordé, qui se forme lorsque la vitesse de coulée est suffisante (>10 km/h et <75km/h), la pente assez forte (>4 °); lorsque la coulée se ralentit et se refroidit, ou se dégaze, on passe au type aa scoriacé.

 (Extrait ici : «Glossaire géomorphologique thématique  illustré »)

 

Nous  passons donc auprès de différents reliefs, tunnels de lave,

avec des  concrétions multicolores  comme dans les grottes, mais  là c’est la lave en se solidifiant qui a formé comme des  gouttes.




 

Des appareils de mesure et de surveillance de l’activité volcanique en  lien  avec  l’observatoire  du volcan  qui se trouve  à Bourg Murat.


 

Patrick cherche dans les replis de lave les fameux cheveux de Pélé (Déesse hawaïenne du feu) sorte de cheveux de lave refroidis gouttelettes de laves effilées par le vent) qui ont été  projetés lors  des  éruptions du Piton de la Fournaise.


 

Le déjeuner plutôt frugal pris sur place nous a permis une petite pause où Patrick nous a sorti sa flasque spéciale de Rhum Géranium pour cette fois ! Plutôt costaud en alcool et sec ! Il faut dire qu’avec la chaleur, l’absence totale d’ombre dans l’Enclos, il n’est pas question d’en boire de grands verres ! Une petite gorgée, juste pour goûter suffira largement à brûler le gosier au passage !

De nombreux randonneurs explorent l’enclos tout comme nous à la recherche  de points de vue, de tunnels de lave, ou autres cheveux de Pélé.

Retour au sentier ascensionnel vers 14 heures, les  premiers  nuages venus de  l’Océan s’accrochent aux  « remparts ».


 

Il faudra monter lentement, à son rythme  et penser à la délicieuse bière ou eau de Perrier qui nous attend  là-haut, au Gîte du Volcan. C’est d’ailleurs en remontant ce sentier, que nous prenons toute la mesure du spectacle grandiose qui s’offre à nous. A chaque arrêt, pour reprendre  notre souffle c’est un ravissement que ce  paysage volcanique  où les groupes de randonneurs, tout petits, évoluent lentement entre les petites fougères et les  bruyères qui poussent dans les moindres replis de lave par petites touches  vertes et  grises.


    

Une très belle balade et un guide très intéressant qu’il faut solliciter pour des sorties randonnée sur les sentiers de la Réunion. Site de Patrick ici que vous pouvez aussi retrouver dans "nos informations". 



Rendez-vous très vite sur l'Île de la Réunion dès que vous le pouvez car là bas, l'accueil est chaleureux , il n'y a ni couleur, ni religions : tout le monde est réunionnais sans jamais parler de couleur de peau de manière raciste et il n'y a aucun ressentiment face au passé (l'esclavage) comme c'est le cas aux Antilles française. Tout le monde est le bienvenue à la Réunion et vous trouverez ici Plus de 25 randonnées dont la plus longue dure 6 heures.

 

Chanson,en français, pour comprendre pourquoi l'Île de la Réunion porte son nom et pourquoi on l'a qualifie de perle de l'Océan Indien.

 


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