



La brèche de Roland. Ca vous parle ?
Depuis Luz Saint-Sauveur nous devons parcourir 30 Km en voiture pour atteindre le parking qui se trouve au col des Tentes. La vallée du gave de Gavarnie est très encaissée, la route y
serpente surplombée de falaises rocheuses vertigineuses. Le paysage est grandiose. Il fait un soleil magnifique, nous croisons de nombreux véhicules, notamment des camping-cars. Les Hautes
Pyrénées sont très fréquentées en septembre par des retraités, c’est sûr, des familles sans enfants d’âge scolaire, et des étudiants pas encore rentrés, l'ensemble appartenant plus ou moins
à la catégorie "curistes" . On y croise aussi de très nombreux randonneurs étrangers !
En quittant le parking, nous devons emprunter un morceau de route encore goudronnée mais jonchée d’amas rocheux qui ont dévalé la pente, pour atteindre le Port (Col) de Boucharo. On entend quelques sifflements de marmottes, des cris de choucas et nous avons pu observer avec les jumelles un superbe vautour fauve. Belle bête !
Le topo guide « Randonnées dans les parcs nationaux des Pyrénées » indique une rando de 2 h 30 du col des Tentes jusqu’à la Brèche de Roland. Partant du parking nous avons du marcher 20 mn sur la portion de route encombrée et monter nos 600 m de dénivelé en 3 heures. Nous avons fait au total une balade de 6 heures arrêts compris, la descente étant un peu plus courte dans le temps malgré, pour l’occasion, quelques difficultés non négligeables.
Si vous aimez marcher dans la caillasse, vous êtes servis !
Dès qu’on quitte le point de départ, l’herbe disparaît pratiquement et vous vous déplacez sur un sentier caillouteux, vous traversez d’immenses pierriers, la roche ici est de toutes les couleurs : grise, blanche , ocre, bleutée, marron, rouille, jaune…C’est beau !
Vaches et moutons sont encore à l’estive et se délectent dans les alpages en contrebas. Un petit agneau viendra nous saluer pas craintif du tout.
Il y a pas mal de monde sur le sentier : ceux qu montent et ceux qui descendent. On échange des bonjours, quelques mots, des sourires, des questions…Bref, la convivialité
habituelle des randonneurs.
Il nous faudra escalader un passage délicat, équipé d’une chaîne métallique scellée dans la paroi. Il reste quelques névés accrochés aux pentes mais vraiment pas grand chose. Nous en
traverserons un conséquent après avoir déjeuné au dessus d’une barre rocheuse et dépassé le refuge de la Brèche.
Après le refuge la pente est très raide, les cailloux roulent sous les chaussures
et il est vrai que comme c’est dit dans le guide il vaut mieux être bien chaussé et convenablement équipé.
Arrivés à la brèche, on se pose quelques instants à observer le côté espagnol. Nous avons pu observer trois isards aux jumelles.
La prudence est de mise, ça dérape, ça glisse, ça ripe comme dit Georges, et c’est très pentu…
Anecdote : A l’aller, un couple est arrivé au dessus de la barre rocheuse où nous déjeunions : la dame arc-boutée sur son
bâton de bois manifestement apeurée mais faisant un « cirque » pas possible à son mari pour une prise de photo. Il la conseillait dans ses déplacements, l’encourageait, faisant preuve
d’une patience exceptionnelle. Elle ne trouvait pas ses conseils judicieux et pestait contre lui ! Bonjour l’ambiance de randonnée ! Le moment le plus critique fut celui de la descente
au passage un peu délicat de la chaîne. Nous nous sommes retrouvés avec la dame et son gentil mari juste derrière nous. Nous avons franchi le passage et avons laissé le bonhomme se débrouiller
avec sa « nenette » qui somme toute s’en est assez bien sortie. Sainte Patience a dû l’accompagner tout au long de la balade !
De retour à Luz, nous en avions « plein les pattes ». Cette sortie sur la Brèche de Roland était une belle balade mais un peu « sous classée» dans le topo guide et le niveau 2 annoncé était plutôt 3 à notre goût.

(Maxime)