La sortie d’aujourd’hui est ce qu’il y a de plus ordinaire dans une journée rando suite à la très belle balade d’hier où nous avons parlé d’exploit autour de la Grotte des Vaudois. En effet, jambes et dos sont assez raides, et l’idée d’une « promenade » dans le Bois de Monsieur nous convient assez puisqu’il s’agit là, de garder simplement la forme. Après avoir bien observé la carte, il apparaît que ce sera plutôt cool ! Nous poussons même la paresse jusqu’ à descendre à Freissinières en voiture pour ne pas avoir a remonter à pieds les trois km du GR 50 ! Nous laissons donc la voiture à la fontaine sur la place du village, chaussons nos godillots et gagnons le sentier qui longe le ruisseau.
Au passage quelques ruines nous interpellent…
Tout est calme, peu de randonneurs, quelques kayakistes, des vététistes, et la piste forestière qui monte dans le bois de Monsieur que nous suivons en bavardant de tout et de rien. Ca monte un peu alors nous sentons bien nos mollets meurtris de la marche forcée d’hier, les articulations aussi sont douloureuses, mais il fait très beau, le bois de Monsieur nous donne de l’ombre, ça sent bon, on entend quelques oiseaux, et au fur et à mesure de la montée en nous retournant nous pouvons observer avec les jumelles sur le versant d’en face la grotte des Vaudois, la via ferrata, et repérer notre itinéraire d’hier.
Chemin faisant nous atteignons assez rapidement le point haut de la balade, pour redescendre par un sentier assez peu marqué, et nous avons dû nous fourvoyer un peu en discutant, sans être vraiment attentifs au balisage, mais en consultant la carte, nous en déduisons que nous sommes dans la bonne direction pour rejoindre la rivière où nous attend un coin pique nique au bord de l’eau.
Et les bavardages se poursuivent, tête baissée pour regarder en descendant où nous posons les pieds lorsque surgissent à 30 mètres devant nous en contre bas, sur le sentier, bondissant dans une course folle, deux magnifiques chevreuils. Nous stoppons net, nous ne bougeons plus, ils ne nous ont pas encore vus, et foncent droit sur nous : c’est superbe. Une course effrénée, légère, sans aucun bruit, on dirait qu’ils volent tellement ils sont agiles et rapides. Ce n’est qu’au dernier moment à 10 mètres qu’ils changeront de direction et s’enfoncent dans le sous-bois pour s’y fondre et disparaître tout aussi rapidement.
Nous restons muets, béats quelques secondes, stupéfaits par cette rencontre improbable (l’adjectif est à la mode…). Et puis les mots d’admiration nous viennent :
- Ah, mais que c’était beau !
- Quel bonheur !
- Et la vitesse ? Tu as vu ça ??
- Et sans bruit, avec une légèreté étonnante, juste le chuchotement des feuilles mortes sous leurs pattes !
- Ca alors, on en a pris plein les mirettes !
- Ils ne nous ont vus qu’au dernier moment, ils fonçaient droit sur nous…
-On n’en avait encore jamais vu d’aussi près !
- Mais qu’est ce qui a bien pu les faire fuir comme ça ? La chasse ?
- Je ne crois pas, la chasse n’est pas ouverte.
- Mais si, on entend des aboiements…
- Ce sont les cris des chevreuils, cela ressemble étrangement à un aboiement de chien, c’est Georges qui me l’a dit !
- Ah bon, les chevreuils aboient ? Ah ben ça alors …
- Voui, voui !
Et Maxime d’énumérer les rencontres : Couple de renards, couple de chevreuils, magnifique buse juste au dessus de la voiture dans le chemin en montant au chalet le premier jour, demain, ce sera quoi ? Bien entendu, l’appareil photo est resté au fond de la poche. Pas eu le temps de le sortir, trop surpris, incapables de penser photo dans cet instant d’émerveillement.
Nous reprenons notre descente, un peu « groggy ». Nous percevons de plus en plus le bruit du torrent en dessous. Il n’y a qu’à traverser le chemin du bas , et s’installer pour déjeuner tranquillement, l’esprit encore un peu étourdi de cette rencontre … Le retour par la piste le long du torrent se fera d’un bon pas : c’est tout plat, à l’ombre, cool !