



Vendredi 11 septembre 2009.
Ce vendredi, dernier moment de notre séjour près de Gavarnie (les bonnes choses ont aussi une fin !), nous avons trouvé une balade vers l’ouest de Gavarnie, dans une petite vallée
tranquille en direction d’un véritable miroir tout rond du côté espagnol par le col de la Bernatoire 234Om, le lac du même nom ! C’est la vallée de la Canau qui se jette dans le gave
d’Ossoue.
Joli petit abri pour berger et randonneur, avec trois petites pièces, un point d’eau, une douche (on ne sait pas si elle fonctionne, mais on en a vu le bac et le robinet ainsi que la
douchette…) On peut y dormir à 4 il y a des lits superposés, l’ensemble n’est pas en très bon état, mais c’est un bon abri ! Extérieurement par contre elle a de l’allure ! Autour de
cette cabane, les vaches, les veaux et même le taureau s’en donnent à coeur joie : on entend tinter les clarines, les veaux appeler leur mère, le taureau réclamer son « dû » imité
aussi par quelque taurillon prétentieux…
Des éperviers et des faucons guettent du haut du ciel une éventuelle proie dans leur incessant ballet de vol stationnaire ! Les marmottes, peu farouches nous laissent approcher à quelques mètres, sans toutefois prendre le risque de nous voir trop près, puis détalent dans une course folle au ras de l’herbe, ventre à terre, boule de poils souple et si agile qui nous fait sourire et nous attendrit à chaque détour de bloc rocheux.
Cette balade est un vrai plaisir : calme, paisible, seuls le doux bruit de
l’eau, quelques cris de choucas, des sifflements de marmottes, un meuglement par ci par là, viennent ponctuer le silence de la montagne. Nous repartirons vers le col après avoir déjeuné près de
la cabane de Lourdes. Le sentier grimpe un peu encore, pour ensuite traverser un espace herbeux semé de grosses roches éparses, plutôt plates où broutent des vaches. L’une d’elles apparaît de
derrière un bloc rocheux avec une sorte de tignasse faite de paille : on dirait qu’elle porte une chevelure. Elle est très drôle mais je n’ai pas le temps de fourbir l’appareil photo, elle
se débarrasse rapidement de sa crinière en donnant quelques coups de tête ! Petit répit avant une belle grimpette vers le col de la Bernatoire par un sentier très caillouteux, l’herbe a
disparu, tout est sec, lunaire : du caillou, rien que du caillou : des couches de schiste ! L’arrivée au col est un émerveillement : de l’autre côté apparaît un superbe petit
lac, tout rond, bien encaissé, vrai lac glaciaire dans son écrin rocheux, joli miroir où se reflètent les parois rocheuses qui l’enserrent.
Nous sommes très bien, assis sur les pierres plates, à contempler ce que Dame Nature nous donne à voir dans sa grande générosité. « On n’est pas bien là ? » Formule consacrée lorsque le plaisir a besoin de s’exprimer ! Si, on est même très bien !
En descendant, nous croiserons quelques randonneurs montant, et Geo soumet une idée intéressante : une fois arrivés près de la cabane, nous pourrions tremper nos pieds dans l’eau du ruisseau ! Bonne idée et ce qui fut dit fut fait ! Ah, que ça fait du bien ! C’est vivifiant pour les petons qui ont tant arpenté pendant la semaine ! On va même jusqu’à se pédicurer : pas de pierre ponce mais des cailloux plats frottés sur la plante et les talons feront disparaître les peaux sèches !
En se re- chaussant, on se sent très bien dans nos godillots ! Le café bu, les pieds secs, le sac à dos chargé sur le dos nous décidons de repartir par le GR 10 qui suit à flanc la rive droite de l’Ossoue. En suivant la rivière, nous devrions apercevoir bientôt la voiture et le sentier devrait bifurquer, que dis-je plonger, sur la gauche en descente vers le cours d’eau qu’il faudra traverser pour terminer la rando. Mais curieusement, nous nous impatientons et trouvons que la bifurcation ne vient pas vite, et nous concluons que nous avons dû la dépasser sans la voir !
Alors il ne nous reste plus parce que nous ne voulons pas rebrousser chemin, qu’à descendre à travers les près pentus sur les traces des vaches…pour rejoindre la piste caillouteuse empruntée ce matin. Hem !dur dur ! Mais nous y sommes parvenus, pour nous rendre compte au final que nous aurions dû continuer encore un peu sur le GR 10 pour trouver la bifurcation. Et voilà …Le soir, au curvimètre, par curiosité, nous avons mesuré la distance approximative parcourue : 16 km minimum ! Le topo-guide commençait par cette phrase mémorable « Cette courte randonnée…. » Bien, nous n’épiloguerons pas la dessus !
Il reste que c’est l’une des plus belles balades de cette semaine.

(Maxime)