Lundi 24 septembre 2007
Après une bonne nuit au gîte des randonneurs de « la maison de Rosalie » où l’accueil est très agréable, à Montgros, près de Nasbinals, nous nous apprêtons Maxime et moi pour un petit échauffement matinal. (Enfin, pas trop matinal car il est déjà 9 heures 30 !) Nous avons prévu pour aujourd’hui deux petites randonnées, faciles qui vont nous permettre de découvrir les paysages typiques de l’Aubrac autour de Nasbinals.
Sur le chemin, on aperçoit en bordure de pâturage, des personnes qui semblent vouloir regrouper des vaches et leurs veaux, un camion attend en bordure du chemin… une idée nous traverse l’esprit et se vérifie : on va emmener les veaux ! Ils viennent de passer l’été à engraisser auprès de leur mère, ils sont donc prêts pour l’abattoir. Cette idée nous chagrine un peu Maxime et moi pourtant nous mangeons de la viande, lui et moi mais voilà, l’idée que ces beaux animaux paisibles, au regard doux et interrogateur lorsque passent les randonneurs, vont servir à notre alimentation nous chagrine un peu. Nous passons vite, après avoir dit bonjour.
Le paysage est typique de l’Aubrac : petits lacs et ruisseaux , forêts de hêtres et sapins, grands espaces de pâturages d’estive sortes de prairies naturelles, clôturés de barbelés et de murs de pierres, blocs rocheux de basalte et de granite, parcourus par vaches, veaux et taureaux de la race Aubrac.
Très caractéristique la race Aubrac : les animaux ont une belle robe blonde et fauve, des pattes courtes et très robustes, des sabots noirs, des cornes noires et beiges, et une tête magnifique avec de beaux yeux cernés de blanc et de noir, on dirait qu’elles sont maquillées, un museau noir cerné de blanc, bref une très belle tête qui vous regarde passer avec une grande douceur. Au point que Maxime ne cesse de se demander : « Mais que pensent ces animaux en nous voyant passer à longueur de journée, nous les humains qui sillonnons les sentiers de randonnée? » Il n’a pas encore eu la réponse.
Nous nous éloignons et le sentier facile, nous conduit progressivement et en douceur vers la Cascade du Déroc. Ici l’air est pur, frais, on respire à pleins poumons, et ça fait du bien. Tout est calme, aucun bruit, quelques cris d’oiseaux, un tintement de sonnaille pour nous rappeler que nous sommes en territoire « bovin » par excellence.
Une intersection, une patte d’oie plus précisément et les balises semblent avoir disparu…. Un couple de randonneurs est en train d’arpenter les différentes directions. Je les interpelle et leur dis que s’ils cherchent le sentier vers la cascade, c’est par ici…. Ils nous emboîtent le pas… En fait je ne suis pas très sur de moi, car depuis le départ nous devons « croiser » la stèle d’un accordéoniste célèbre : Pierre Roux et nous ne l’avons pas encore vue, mais cela ne nous a pas empêchés d’avancer. Le guide nous donne des indications mais nous ne trouvons pas toujours l’illustration de ce qui est écrit sur le terrain. Nous nous rendons compte qu’il faut faire une lecture très attentive et que chaque mot est important, tout le vocabulaire spécifique utilisé sur le guide est précis. Celui que nous utilisons date de 2001 et depuis six années certainement que des modifications sont intervenues ne serait ce que dans l’aménagement des chemins et l’aspect de la végétation.
Nous traversons une route départementale, et le chemin en face nous conduit au bord de la falaise où l’eau se précipite 32 m plus bas.
Après quelques photos et des ohhhhh !!! d’admiration, nous décidons de descendre au pied de la cascade et de franchir les blocs de basalte très glissants pour nous retrouver derrière le rideau d’eau : c’est très beau ! Photos…
et nous remontons rive droite pour surplomber un immense espace avec vue très loin sur « puechs », prairies, villages, burons, lacs, forêts….Ici, le pique nique serait un moment de bonheur, mais Maxime n’a pas faim, alors nous repartons vers Nasbinals et nous mangerons en chemin, au bord du sentier, où nous nous délecterons de saucisse sèche, de fromage de Laguiole, de salade de thon aux légumes et de tomate au sel. Arrivés près du cimetière, notre point de départ, nous pouvons enfin voir la stèle de Pierre Roux !
A notre retour, le camion n’est plus là, les vaches sont seules, les veaux ont été emmenés….