Toute une vie ne suffit pas à le parcourir entièrement tellement il compte de sentiers et de belles balades.
Avec Georges, nous avons pris le pli, depuis deux ans maintenant, de nous retrouver au début du mois de septembre, au moment où se produit un évènement qui a jalonné annuellement notre vie professionnelle : j’ai cité "la rentrée scolaire !" Ces retrouvailles, à Lanslevillard sont notre « rentrée » à nous, retraités ! Inutile de vous dire que si pendant des années nous avons eu un plaisir véritable lorsque nous rentrions en classe, celui de la rentrée en Vanoise, est un vrai bonheur. Et nous avons toujours, car nous sommes quand même compatissants, une pensée émue, si si… pour nos collègues encore en activité.
Ainsi donc, début septembre 2006, et début septembre 2007, sont dans nos agendas respectifs, strictement réservés à la randonnée à pied dans le parc de la Vanoise. Bien entendu, nous pensons faire de même en 2008, 2009, 2010... Il s’agit pour nous de perpétuer cette pratique qui nous fait un bien fou au moral, car vous le savez bien, lorsque les enseignants ne font plus leur rentrée scolaire, ils sont à l’approche de cette dernière, paraît-il, de mauvais poil, anxieux, irritables, déprimés, désœuvrés, au bord de l’abîme moral… Nous avons donc trouvé une excellente parade à ce difficile sevrage : la rentrée-randonnée en Vanoise !
Pendant toute une bonne semaine, à partir de Lanslevillard, près de Modane au pied du Mont Cenis, nous parcourons quotidiennement les sentiers de randonnée pour découvrir les merveilles de ces paysages de haute montagne : de magnifiques lacs, des forêts somptueuses, des alpages gigantesques, des lieux désertiques semés de cailloux que le gel a brisés, des colchiques fraîchement épanouies, des marmottes siffleuses et même moqueuses, bien grasses et dodues, quelques chamois, des chevreuils, cerfs, chevaux, ânes et mulets, sans oublier nos amies les vaches et leur concert de clarines sans cesse renouvelé, et regardant en l’air les choucas et les aigles, puis plus près de nous, qui nous accompagnent sur les sentiers, les rouges-queues et autres bergeronnettes piailleurs. Loin des pistes de ski envahies par l’herbe et le foin, les chalets d’alpage et les refuges encore ouverts nous offrent de temps à autres des moments de répit et surtout l’occasion de rencontres parfois improbables avec des randonneurs comme nous qui souhaitent évoluer dans un paysage fabuleux, au calme après les vacances d’été lorsque la montagne est un peu moins fréquentée.
Début septembre, en Vanoise, à Lanslevillard, au pied du Mont Cenis, c’est le calme plat ! La randonnée à pied procure à ce moment là, une sensation très douce de bien être total. En effet il ne reste plus à la montagne que quelques rares vacanciers qui ont la chance de pouvoir prendre leurs congés en dehors des périodes de grand « rush » ! Alors, on peut goûter, aux joies intérieures que procurent la vue d’un paysage serein, une forme de « calme après la tempête », encore la douce chaleur de fin d’été, une belle lumière qui parcourt monts et vallées, forêts et alpages au fil de la journée. Les rencontres sur les sentiers sont rares pour ce qui est des humains mais elles sont toujours l’occasion d’un salut chaleureux, et parfois même la conversation s’engage pour finir en échangeant un dessert, en goûtant ce délicieux chocolat, en partageant l’excellent morceau de fromage acheté à la fromagerie d’en bas ! La nature est généreuse encore à ce moment précis de l’année, les colchiques, les linaigrettes, les alpages, profitent encore de l’eau qui sourd de toutes parts même si lorsqu’on grimpe un peu le constat est amer de la fonte irrémédiable des glaciers, transformant certains sites en véritables déserts de pierre ! Là où, il y a encore une quinzaine d’années, on pouvait voir au cœur de l’été, d’immenses glaciers, il ne reste aujourd’hui que cailloux et rochers, avec parfois dans un creux une minuscule étendue d’eau au fond d’un large lac glaciaire.
On entend de toutes parts le tintement des clarines, les troupeaux de vaches et de moutons profitent encore de l’herbe bien grasse des hauteurs. Les sifflements perçants des marmottes fusent. L’alerte est permanente sur leurs territoires, foulés au pied par ces humains qui dérangent, et les courses effrénées vers les terriers de ces boules de poils qui ont passé l’été à se gaver en prévision d’un sommeil hivernal qui ne saurait tarder, sont de véritables spectacles. Il fait beau, on est bien, on respire, on fait le plein de cet air de la montagne qui enivre.
Des balades, en cette période propice de septembre, avec Georges comme guide «es rando en montagne » car on se sent en sécurité avec cet homme là, nous en avons fait une dizaine en quelques jours, très différentes, toutes très agréables, plus ou moins « difficiles » mais programmées de main de maître dans un progressivité remarquable. A chaque sortie sa découverte lacs, panorama sur les sommets, vallées, cascades, torrents, glaciers, refuges, petit hameau reculé, avec des habitations réhabilitées dans le plus pur style architectural montagnard où la pierre et le bois et les lauzes s’assemblent harmonieusement,… J’ai une pensée émue et reconnaissante envers tous ces découvreurs de sentiers qui ont balisé ces itinéraires pour notre plus grand bonheur.
Je l’ai déjà dit, mais je le répète nous ne cherchons pas l’exploit sportif (dont nous serions incapables, je parle surtout pour moi ! … ), mais avant tout le plaisir celui d’être libres, libres de marcher comme bon nous semble, de prendre le temps d’observer, d’admirer, de photographier pour faire des souvenirs, d’écouter l’eau, le vent, et même de goûter le silence au bord d’un petit lac où nous avons décidé de faire une pause déjeuner et de relaxation ! L’herbe à ce moment là, vaut tous les matelas les plus confortables. L’air que l’on respire est chargé des ces odeurs d’alpages, de terre, et de bois. Sérénité des hauteurs qu’on n’atteint qu’à pied. Ici pas de bruit de moteur, ni de circulation, pas de foule, pas de stress, la vitrine du grand spectacle de la nature est à ciel ouvert, il n’y a qu’à profiter et respecter.
Septembre 2007 en Vanoise….
7 septembre 2007 : Lancerlia à partir de Bellecombe.
8 septembre 2007 : Lac Blanc
9 septembre 2007 : Le Villaron, la Lenta par le Mollard